INSPIRATION – (re)Penser la ville du XXIe siècle

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Paru en 2019, le livre Repenser la ville du 21e siècle, 20 ans d‘écoquartiers dans le monde est rédigé par un collectif d’auteurs urbanistes, professeurs et chercheurs. Ce livre étudie la manière de concevoir un quartier durable aujourd’hui en dressant, notamment, le portrait de quatorze écoquartiers à travers le monde avec un regard critique et relatif au contexte politique, économique et social des projets.

Au regard de notre démarche Be Sustainable, cette lecture est inspirante vu les nombreux retours d’expériences présentés, les informations sur les divers labels de quartiers durables à travers le monde, et surtout sur les points d’attention pour faire évoluer les pratiques urbanistiques vers une démarche plus durable, résiliente, solidaire :

Face à la crise climatique (et sanitaire), l’ouvrage démontre la pertinence de l’échelle du quartier pour répondre aux enjeux du développement durable. Cette échelle permet la mise en relation des enjeux relatifs à la durabilité des bâtiments et des espaces publics. Elle touche inévitablement aux enjeux d’appropriation des quartiers par les usagers (qui ont de nombreuses conséquences sur la cohésion sociale, la création d’opportunités pour un développement économique local et l’amélioration de l’environnement). Cette échelle permet d’agir sur le cadre de vie offert donc de toucher à la richesse des échanges sociaux et culturels et les habitudes de mobilité durable…

Le livre expose quatre principes nécessaires pour la conception des écoquartiers :

  1. « L’urbanisme durable revendique une approche holistique et transversale de l’aménagement, qui s’appuie sur de multiples compétences.
  2. L’urbanisme durable se doit d’impliquer tous les acteurs dans l’élaboration, la réalisation et la gestion du projet d’aménagement.
  3. L’urbanisme durable promeut l’intégration du projet dans son territoire et, tel un écosystème « urbain », s’appuie sur un environnement naturel et culturel au sein duquel circulent des flux communs, matériels et immatériels.
  4. L’urbanisme durable intègre la notion de temporalité de l’aménagement qui doit pouvoir s’adapter à l’évolution continue des usages et de la société. »

Ces principes découlent de leur analyse fouillée d’une série d’écoquartiers récents, en Europe, en Asie, en Amérique et en Afrique. Chaque exemple est évalué sous un regard critique, qui énumère les caractéristiques positives du projet mais aussi les écueils et les pistes d’amélioration à imaginer. En parallèle, les auteurs mettent en lumière certaines thématiques (énergie, biodiversité, transport et mobilité, nouvelles technologies, gouvernance, gentrification, etc.) relatives à chaque quartier et les différents labels de quartiers durables y référant.

La postface de Marcus Zepf, co-directeur de l’Ecole d’Urbanisme de Paris, ouvre le débat, plutôt éclairant en ces temps de crise sanitaire, de confinement dans les quartiers, et d’urgence climatique : sur « l’incertitude comme vecteur d’action collective urbaine ». Il soutient en effet que le projet urbain durable doit aujourd’hui faire face à de multiples changements. Pour y répondre, il serait nécessaire, d’après lui, de développer une nouvelle pratique d’un urbanisme évolutif, adaptable et résiliente : le « processus permanent ».

« Conçu comme une véritable action collective urbaine qui repose sur le principe d’une responsabilité partagée répartie parmi un plus grand nombre d’acteurs, l’approche du « processus permanent » est fondée sur une posture résiliente dans la mesure où elle compose avec l’imprévisible et assume l’interruption du temps pour se redéfinir face à un contexte urbain bouleversé. »